Scène de Vie
LES MANNEQUINS D'OSIER
(D. Barbelivien / F. Bernheim)

Faudrait pouvoir jeter
Tous les mannequins d'osier
Du haut d'un grand pont
Ces fantômes oubliéa
Ces ombres du passé
Qui nous espionnent.

Faudrait pouvoir brûler
Les visages adorés
De notre enfance
Marcher d'un pas léger
Vers le soleil qui vient
Un insouciance
Et les regarder passer
Sur la rivière gelée

Faudrait pouvoir jeter
Tous les mannequins d'osier
Du haut d'un grand pont
Comme les poupées cassées
Les pierrots abîmés
De la mémoire.

Faudrait pouvoir rayer
Les prénoms murmurés
Dans sa jeunesse
Et savoir oublier
Les yeux et les baisers de la tendresse
Et les regarder passer
Sur la rivière gelée

Et les regarder passer
Sur la rivière gelée.

Et les regarder passer.

Et les regarder passer
Sur la rivière gelée.
 
L'HEURE DU JAZZ
(J-F. Collo / F. Bernheim - D. Barbelivien)

L'heure du jazz.

Une plombe, l'heure du jazz
Les sasos pavoisent
T'as joué la bonne cave
Charlie Parker bave
Ton âme dans l'extase
Une plombe, l'heure du jazz
O.K. man ça gaze

La nuit, heure du jazz
Rex Stewart et l'reste
Ont dans la trompette
Le bonheur du jour
Le disc jockey fou
Repasse "Kind Of Blue"
Bill Evans et tout
La nuit, heure du jazz.

Deux plombes, heure du jazz
Les gigolos toisent
Les vioques un peu nazes
Aux diams, aux topazes
Sapées en bourgeoises
Deux plombes, heure du jazz
Faut saisir l'occase.

Trois plombes, heure du jazz
Un peu vides les phrases
Les mégots s'écrasent
Dernier champ 'framboise
On oublie son blaze
Trois plombes heure du jazz
Attention l'ardoise

La nuit, heure du jazz
Les saxos pavoisent
T'as joué la bonne cave
Charlie Parker bave
Ton ami dans I'extase
Une plombe, l'heure du jazz
O.K. man, ça gaze.

Heure du jazz


OU VONT LES COEURS BRISES
(T. Delianis / C. France)

J'ai mis mon coeur
Dans une éccharpe de laine
Jeté les fleurs
Des vases de porcelaine
Il va couler bien des jours
Sous le pont de notre amour
Sans que je puisse t'oubier.

J'ai accroché
Des rideaux gris aux fenêtres
Et j'ai brûlé
Nos photos et tes lettres
L'amour est-il si pressé
De toujours vouloir s'en aller
Dites-moi si vous savez
Où s'en vont les coeurs brisés
Quand ils ont fini d aimer.

Même si le temps passe
Rien ne te remplace
Mais saurons-nous un jour
Où donc la vie les emporte
Toutes ces amours mortes.

Mais certains soirs
Malgré tout je te regrette
Et je me dis
Qu'il reste une chance, peut-être
Il a coulé bien des jours
Sous le pont de notre amour
Sans que je puisse t'oublier
Puisqu'au fond les coeurs brisés
N'ont jamais fini d aimer.

Même si le temps passe
Rien ne te remplace
Mais saurons-nous un jour
Où donc la vie les emporte
Toutes ces amours mortes.
 
REGARDE LES RICHES
(F. Bernheim - D. Barbelivien / D. Barbelivien)

Arrête de pleurer Babelou
Sur I'argent qui vant plus un clou
Arrête de dire que t'es toute seule
Ici c'est chacun pour sa gueule
Arrête de rêver qu'tu déprimes
C'est vrai qu'tu débordes de ton jean
Autour de toi tout I'monde s'en fout
Arrête de pleurer Babelou.

Regarde les riches
lls sont coiffés comme leur caniche
Regarde les riches
lls roulent en Rolls sur la comiche
Regarde les riches
lls parlent pas l'anglais mais l'english
Regarde les riches
L'important c'est tout c'qu'ils affichent
Les riches.

Arrête de chanter Babelou
Ce blues les banlieues qui rend fou
Arrête de ramer pour personne
Tu vois pas qu'on t'prend pour une conne
Arrête le lire Ici-Paris
Faudra r'tourner bosser lundi
Ton blues à toi tout l'monde s'en fout
Arrête de chanter Babelou
Regarde les riches

Regarde les riches
lls boivent leur café en irish
Regarde les riches
lls ont l'argent mais pas d'artiche
Regarde les riches
L'important c'est tout c'qu'ils affichent
Les riches.

Regarde les riches
lls sont coiffés comme leur caniche
Regarde les riches
lls roulent en Rolls sur la comiche
Regarde les riches
lls mordent jamais dans leur sandwich
Regarde les riches
L'important c'est tout c'qu'ils afficheent.
 
LES HOMMES QUI PASSENT
(D. Barbelivien / F. Bernheim)

Les hommes qui passent Maman
M'envoient toujours des cartes postales
Des Bahamas Maman
Les hommes qui passent tout l'temps
Sont musiciens artistes peintres
ou comédiens
Souvent.

Les hommes qui passent Maman
M'offrent toujours une jolie chambre
Avec terrasse Maman
Les hommes qui passent je sens
Qu'ils ont le coeur à marée basse des
envies d'océan.

Les hommes qui passent pourtant
Qu'est-ce que j'aimerai en voler un
Pour un mois pour un an
Les homrnes qui passent Maman
Les hommes qui passent tout l'temps
Ne m'donnent jamais rien que d'l'argent.

Les hommes qui passent Maman
Leurs nuits d'amour sont des étoiles
Qui laissent des traces Maman
Les hommes qui passent violents
Sont toujours ceux qui ont gardé
Un coeur d'enfant perdant.

Les hommes qui passent pourtant
Qu'est-ce que j'aimerai en voler un
Pour un mois pour un an
Les homrnes qui passent Maman
Ne m'donnent jamais rien que d'l'argent.

Les hommes qui passent Maman
Ont des sourires qui sont un peu
Comme des grimaces Maman
Les hommes qui passent troublants
Me laissent toujours avec mes rêves
Et mes angoisses d'avant.

Les hommes qui passent pourtant
Qu'est-ce que j'aimerai en voler un
Pour un mois pour un an
Les homrnes qui passent Maman
Ne m'donnent jamais rien que d'l'argent.

Les hommes qui passent Maman
Les hommes qui passent Maman
Les hommes qui passent pourtant
Les hommes qui passent Maman.
 
BESSIE
(P. Grosz / F. Langolff)

Et si...et si...Bessie
Elle avait pas eu la peau noire
Comme les étangs, comme les mares
Où les lions là-bas vont boire.

Et si...et si...Bessie
Elle avait vécu maintenant
Avec sa belle voix du Soudan
Et son feeling renversant

Mais si...mais si...Bessie
Elle avait pas eu la peau noire
Bessie blessée par un chauffard
Elle s'rait pas morte sur un trottoir
En perdant doucement tout son sang
Devant un hôpital de blancs.

Et si...et si...Bessie
Avait vécu parmi des gens
Qui savent qu'on est tout differents
Peut-êtr' qu'un soir, incidemment
Toutes les deux on aurait pu faire
Quelqu' chose comme un duo d'enfer.

Là-bas ou ici
Mais pas Madison.
Un club dans la nuit
Un piano qui sonne.

Et si..et si..Bessie
Elle avait pas eu la peau noire
Comme l'ébène à côté d'l'ivoire
Ou comme les belles robes de moire
Elle s'rait pas que dans nos mémoires
Mais avec nous ce soir

Là-bas ou ici
Paris...Madison

Un club dans la nuit
Un piano qui sonne

Et si...et si...Bessie
Elle avait pas eu la peau noire
Et si.
TROPIC BLUES BAR
(J. Kopf / J. Lipkins)

A l'heure où déambulent
Les derniers noctambules
Quand les filles en panthère
Disent oui sans préambule
Moi je suis là, planté au
fond du Tropic Bar
A le chercher des yeux, dans
le jeu des miroirs

J'y vois des filles trop belles qui
sourient pour un rien
Un peu comme les gazelles quand les
lions n'ont plus faim.

Tropic Blues Bar
Musique d'un soir
On s'aime tout bas
Et puis on s'en va
Tropic Blues Bar
Musique d'un soir
On s'aime tout bas
Et on s'en va

Garçon, un Blue Lagoon, j'ai besoin
d'évasion
Assez de tous ces clowns en mal
de sensation
Moi je viens pour le voir s'installer
au piano
Jouer pour moi toute seule cet air
un peu mélo

Tropic Blues Bar
Musique d'un soir
On s'aime tout bas
Et puis on s'en va
Tropic Blues Bar
Musique d'un soir
On s'aime tout bas
Et on s'en va

Lui et moi, histoire sans parole
Juste le reflet de ses doigts sur la laque
du Steinway
Il joue, j'écoute les yeux fermés
Quand je les ouvre, il a disparu
Plus rien à faire ici, l'addition s'il
vous plait
Le pianiste est parti mais moi
je reviendrai
Voir s'envoler ses mains sur les touches
noires et blanches
Et rêver qu'un matin elles se posent sur
mes hanches

Tropic Blues Bar
Musique d'un soir
On s'aime tout bas
Et puis on s'en va
Tropic Blues Bar
Tropic Blues Bar
Tropic Blues Bar
Musique d'un soir
On s'aime tout bas
Et on s'en va

On s'aime tout bas
Et puis on s'en va
 
A L'ENTERREMENT DE SIDNEY BECHET
(D. Barbelivien / F. Bernheim)

A l'enterrement d'Sidney Bechet
Y'avait des flûtes des clarinettes
So long Big Man
A l'enterrement d'Sidney Bechet
Y'avait des putes et des poètes
Et des barmans.

A l'enterrement d'Sidney Bechet
Y'avait Boris et sa trompette.

A l'enterrement d'Sidney Bechet
On jouait de jazz rue de la Huchette.

A l'enterrement d'Sidney Bechet
Y'avait des petites fleurs des pâquerettes
So long Big Man
A l'enterrement d'Sidney Bechet
Personne n'est venu faire la quête
Pas vous m'ssieurs dames.

A l'enterrement d'Sidney Bechet
Y'avait Boris et sa trompette.

A l'enterrement d'Sidney Bechet
On jouait de jazz rue de la Huchette.

Dans un club de la New Orléans
Au paradis des musiciens
Il a sûrement une place assise
Dans un orchestre qui se souvient.

A l'enterrement d'Sidney Bechet
Y'avait des putes et des poètes
Et des barmans.
A l'enterrement d'Sidney Bechet
Y'avait des flûtes des clarinettes

So long Big Man
So long Big Man.


KENNEDY ROSE
(E. Depardieu / F. Bernheim - D. Barbelivien)

Je suis pas comme Rose Kennedy
J'voudrais pas que mes fils chéris
Deviennent plus tard quelle folie
Président des Etats-Unis.

Elle s'appelait Kennedy Rose
Mais dites-moi quelle métamorphose
A fait d'une si jolie rose
Une dame pour qui ses fils osent
De toute leur vie faire un défi
De toute leur vie faire un défi.

Je suis pas comme Rose Kennedy
J'voudrais pas que mes fils chéris
Deviennent plus tard quelle folie
Président des Etats-Unis.

Rose Rose
Mais quelle est la cause
Il a dû se passer quelque chose

Elle s'appelait Kennedy Rose
C était une jolie p'tite ville rose
Ses fils chéris de l'Amérique
Auraient pu faire de la musique
Des sciences ou des mathématiques
Au iieu de n'être que défi.

Je suis pas comme Rose Kennedy
J'voudrais pas que mes fils chéris
Deviennent plus tard quelle folie
Président des Etats-Unis.
 
UNE DERNIERE SEMAINE A NEW YORK
(D. Barbelivien / F. Bernheim)

Et s'il ne nous restait plus qu'une semaine à vivre
Serais-tu prêt à me suivre
Pour s'endormir ensemble à New York
Et s'il ne nous restait plus qu'une semaine à vivre
Serais-tu prêt à me suivre
La bas, le long des docks

Oh oh il n'y aurait plus que la ville et nous
Oh oh et dans la brume de Chinatown je saurais
Te dire les mots doux

Et s'il ne nous restait plus qu'un avion à prendre
Saurais tu me comprendre
Pour cette dernière semaine à New York
Et s'il ne nous restait plus qu'un avion à prendre
Saurais tu me défendre
La bas, le long des docks

Oh oh il n'y aurait plus que des hôtels et nous
Oh oh et dormir dans tes bras serait pour moi
Le désir le plus fou

Et s'il ne nous restait plus qu'une semaine à vivre
Serais-tu prêt à me suivre
Pour s'endormir ensemble à New York
Et s'il ne nous restait plus qu'une semaine à vivre
Serais-tu prêt à me suivre
La bas, le long des docks
Le long des docks
Le long des docks


PATOU BLUES
(D. Barbelivien / F. Bernheim)

J'étais toute seule sur l'autoroute
J'en étais à deux heures de pluie
Et je m'disais y'a aucun doute
Me petite Patou t'es mal partie
Pas le moindre camion citerne
Pas le lumière d'un restaurant
Et je m'suis dit c'est bien ta veine
Dire que t'as même pas cinquan
te francs sur toi.

Qu'est c't as dans la tête
Qu'est c't as dans la tête
Pour t'trouver toujours dis
Sur une autre planète
Sans boîte d'allumettes
A la tombée du jour.

J'étais plantée d'vant le studio
En attendant mes musiciens
J'avais envie d'un café chaud
J'regardais l'heure, j'rongeais mon frein
J'avais l'idée mais pas les mots
J'avais le couplet mais pas I'refraire
Quelqu'un m'a dit t'en fais pas trop
On enregistre que demain ça va.

Qu'est c't'as dans la tête
T'es tellement distraite
Tu t'retrouv'ras toujours dis
Sur une vieille banquette
Effacée discrète
En attendant ton tour
En attendant ton tour.

J'étais assise dans la cuisine
J'regardais les actualités
Après comme a dit la speakrine
Y' a un film qu'il faut pas rater
Alors je me suis mise au lit
J'ai débranché mon téléphone
Et puis le film m'a endormie
Et toi ça fait deux heures qu'tu
sonnes chez moi.

Qu'est c't'as dans la tête
Qu'est c't'as dans la tête
T'oublieras toujours dis
D'être à l'heure et prête
Pour un dîner d'fête
Pour un histoire d'amour

Qu'est c't'as dans la tête
Qu'est c't'as dans la tête
T'oublieras toujours dis
Sur une autre planète
Sans boîte d'allumettes
A la tombée du jour.

Qu'est c't'as dans la tête
Qu'est c't'as dans la tête
T'oublieras toujours dis
D'être à l'heure et prête
Pour un dîner d'fête
Pour un histoire d'amour